L'Agora Sciences Université Recherche:
Penser. Chercher. Partager.

Un laboratoire d’idées pour la réinstitution académique

L’Agora Sciences Université Recherche (ASUR) est un réseau de réflexion et d’action indépendant, pluraliste et non partisan, directement issu de la communauté académique.

Face à l’épuisement du modèle conçu il y a 25 ans, ASUR s’est constitué avec un mandat clair : produire une vision renouvelée de l’Université et de l’écosystème de recherche.

Notre objectif est de mener une réflexion intellectuelle, politique et législative d’envergure pour concevoir le système scientifique et universitaire de la décennie à venir.

Pourquoi l'Agora Sciences Université Recherche ?

L’épuisement d’un paradigme et le risque du déclassement

L’Université et la recherche françaises traversent une crise systémique qui signe l’échec  du modèle issu du New Public Management et de l’économie de la connaissance. Sous couvert d’un simulacre d’autonomie, les réformes successives ont engendré une bureaucratisation paradoxale : l’injonction à la performance et la mise en concurrence des établissements ont asphyxié la dynamique scientifique sous le poids du reporting et de la gestion de la pénurie.

Ce tournant managérial a accompagné une dégradation matérielle structurelle. Les indicateurs en sont aujourd’hui incontestables : chute continue de l’investissement par étudiant, précarisation endémique des carrières, et recul préoccupant de la France dans la production scientifique mondiale (passée du 6ᵉ au 13ᵉ rang en dix ans).

Plus fondamentalement, cet affaiblissement désarme notre institution face à la « polycrise » contemporaine. En réduisant le savoir à une variable d’ajustement comptable, l’Université s’est éloignée de son essence — l’universitas. Elle peine aujourd’hui à répondre au désarroi démocratique et écologique des jeunes générations, qui attendent d’elle un espace de réflexion critique et un élargissement du répertoire d’action pour rouvrir l’horizon. Il ne s’agit plus d’aménager ce modèle à la marge, mais d’en acter l’impasse institutionnelle pour refonder une Université émancipatrice, capable de se hisser à la hauteur des bouleversements de notre siècle.

Qu’est-ce que l’Agora Sciences Université Recherche ?

Un laboratoire d’idées pour la réinstitution académique

L’Agora Sciences Université Recherche (ASUR) est un réseau de réflexion et d’action indépendant, pluraliste et non partisan, directement issu de la communauté académique. Face à l’épuisement du modèle conçu y a vingt-cinq ans, ASUR s’est constitué avec un mandat clair : produire une vision renouvelée de l’Université et de l’écosystème de recherche. Notre objectif est de mener une réflexion intellectuelle, politique et législative d’envergure pour concevoir le système scientifique et universitaire de la décennie à venir.

Défendre l’Université et les sciences comme biens communs de la démocratie

Dans un contexte contemporain marqué par la désinformation et la fragilisation du débat public, ASUR porte une conviction inaltérable : l’Université n’est ni un instrument ni un centre de profit, mais un bien commun et un rempart démocratique essentiel. Par l’argumentation et le dialogue raisonné, notre laboratoire d’idées entend fédérer celles et ceux qui s’opposent à la marchandisation du savoir. Notre vocation est de restaurer la dignité de la recherche et de concevoir, à l’échelle française et européenne, une nouvelle architecture institutionnelle. Les sciences doivent y retrouver leur juste place : non plus une variable d’ajustement comptable, mais le socle de l’intelligence collective face à la polycrise.

Les principes fondateurs

Élaborés collectivement par des membres de la communauté académique, les principes fondateurs d’ASUR définissent les valeurs et les orientations qui doivent guider la réinstitution de l’Université et de la recherche. 

1. Principe de communalité — l'Université et les sciences comme biens communs

L’Université est l’institution chargée de créer, transmettre, critiquer et conserver des savoirs qui constituent un patrimoine collectif inaliénable. Pilier de la démocratie, elle repose sur une interrogation illimitée, libre de toute entrave, qui ne poursuit, a priori, aucune finalité purement utilitaire ou marchande. Parce qu’elle est une activité publique et sociale, la recherche scientifique se doit d’être ouverte, responsable, reproductible et accessible à toutes et tous, sans appropriation exclusive ni rétention. Ainsi, les savoirs universitaires ne sauraient être réduits à de simples « compétences » au service d’intérêts privés.

La vocation première de l’Université est de former des citoyennes et des citoyens éclairés, dotés d’esprit critique, et de garantir un accès universel aux connaissances théoriques et pratiques accumulées par l’humanité. En façonnant, par une démarche constante de recherche et d’expérimentation, des sujets autonomes, affranchis de tout déterminisme et capables d’appréhender le monde dans toute sa complexité, elle œuvre à l’émancipation pleine et entière des étudiantes et étudiants. Elle fournit ainsi les clés nécessaires pour s’accomplir dignement dans leur vie professionnelle, sociale et civique, tout en les accompagnant dans la quête d’une existence libre, riche de sens, et tournée vers le plein épanouissement de soi et des autres — l’idéal même de la « vie bonne ».

L’accès gratuit à l’enseignement supérieur et à la recherche constitue un droit fondamental, garanti à toutes et tous par la Constitution, sans distinction de genre, d’origine, de condition sociale ou de situation de handicap. En tant qu’institution laïque, l’Université réaffirme son autonomie souveraine et sa stricte neutralité à l’égard des religions.

La hiérarchisation permanente et la course aux classements ont concentré artificiellement les ressources et fragilisé la cohésion du service public. L’égalité territoriale, incompatible avec toute logique de compétition, exige un financement équitable, stable et pérenne de chaque établissement. Elle garantit l’équilibre de l’écosystème universitaire. Étudier ou travailler au sein de chaque établissement du territoire doit être une source de fierté et de reconnaissance mutuelle. Libérée des hiérarchies de prestige, chaque université doit incarner un choix légitime de réussite intellectuelle, scientifique et professionnelle.

Ancré au cœur de la société par les valeurs de coopération et d’horizontalité, le monde académique récuse toute forme de supériorité matérielle, symbolique ou morale. Il s’oppose ainsi à la mise en concurrence des structures et des personnes, tout comme il rejette les visions descendantes et managériales de l’éducation.

Le principe d’autonomie* confère à l’Université la capacité de se gouverner elle-même, à l’abri de toute pression politique, religieuse, idéologique ou économique. Cette souveraineté s’incarne dans l’auto-organisation des établissements, voués exclusivement à l’intérêt public et à la vérité comme horizon commun, loin des injonctions conjoncturelles. Elle exige que l’indépendance des carrières et des financements soit adossée au statut protecteur des personnels, les soustrayant ainsi au court-termisme et aux logiques de mise en concurrence. L’autonomie implique, enfin, que les normes savantes soient définies et garanties par les pairs eux-mêmes, ce qui suppose un rejet ferme des modèles managériaux et des indicateurs de performance importés du secteur marchand.

Indissociable de cette indépendance, la collégialité consacre un mode de décision démocratique et partagé. Elle garantit que les choix stratégiques incombent à celles et ceux qui produisent et transmettent les savoirs. Ce modèle mobilise l’intelligence collective en s’appuyant sur l’assemblée des universitaires et l’élection des instances, mais également sur le tirage au sort — un mécanisme d’inclusion novateur conçu pour pallier l’abstention et restaurer la confiance.

Fondée sur l’horizontalité et la subsidiarité, l’Université s’appuie sur des prises de décision par consentement au niveau le plus pertinent. En allégeant drastiquement la charge bureaucratique et les procédures chronophages, elle permet de sanctuariser le temps de la recherche et de préserver la vitalité intellectuelle de la communauté académique.

[*] Les politiques dites d’autonomie mises en œuvre depuis les années 2000 s’opposent au principe d’autonomie défini ici.

La liberté académique constitue la condition de possibilité même du métier d’universitaire, unissant indissociablement la recherche et l’enseignement. L’usage du singulier souligne qu’elle ne se réduit pas à l’énumération des libertés dites universitaires : franchises universitaires, liberté pleine et entière de recherche, d’enseignement, liberté de débat et liberté d’expression. C’est une liberté collective et professionnelle qui s’ancre dans la praxis d’une communauté savante dédiée à la poursuite désintéressée de la vérité et à l’exigence de probation par la disputatio, libre de toute sujétion politique, religieuse ou économique.

En tant que liberté positive, elle dépasse la simple protection contre les ingérences extérieures pour fonder l’autonomie et la collégialité. Elle consacre la capacité d’auto-institution du monde académique, qui doit seul définir ses règles, ses normes et ses procédures d’auto-gouvernement. Pour être effective, elle exige, comme préalable inconditionnel, l’attribution de financements récurrents et la garantie de statuts pérennes, soustrayant ainsi la recherche à la précarité et à la logique des appels à projets.

Figurant parmi les libertés démocratiques fondamentales, au même titre que la liberté de la presse ou l’indépendance de la justice, la liberté académique relie indéfectiblement l’indépendance scientifique à la responsabilité devant l’intérêt général humain. C’est par son exercice que l’Université remplit sa fonction sociale, en garantissant à la société un espace public de délibération, de dissensus et de critique des pouvoirs. Cette autonomie consacre la primauté absolue de l’évaluation par les pairs sur tout critère externe, qu’il soit sécuritaire ou utilitaire. L’Université doit demeurer un lieu d’ouverture garantissant le respect de la présomption d’intégrité à toute personne accueillie, excluant de fait les contrôles a priori d’instances administratives afin de préserver la confiance inhérente à l’avancée des savoirs.

 

L’Université n’est pas une entreprise, mais un bien commun dont les savoirs ne sauraient être soumis aux impératifs de rentabilité. Dès lors, un financement public adéquat et récurrent constitue la condition indispensable pour garantir son indépendance face aux ingérences politiques et aux logiques court-termistes de marché. Cette souveraineté matérielle doit mettre un terme aux choix strictement budgétaires qui dégradent les pratiques pédagogiques, afin de déployer les moyens nécessaires à un enseignement théorique et pratique exigeant. Elle assure également la gratuité d’accès aux études, sans laquelle le principe d’égalité resterait lettre morte. Pour que cette autonomie soit effective au quotidien, elle doit s’appuyer sur le principe du « décideur-payeur », qui proscrit toute injonction ou directive nationale qui ne serait pas intégralement compensée financièrement, et protège formellement les fonds de roulement des établissements contre toute captation.

Par ailleurs, le principe de liberté académique rend impératif d’enrayer la précarité systémique au profit de protections statutaires fortes. Il s’agit de rompre avec la logique d’épuisement des appels à projets — qui nourrit une compétition stérile au détriment de la recherche fondamentale — pour inventer un nouveau modèle d’allocation fondé sur des dotations pérennes versées directement aux laboratoires. C’est par ce réinvestissement structurel que l’Université mettra un terme à la mise en concurrence délétère de ses membres, prévenant ainsi tout appauvrissement intellectuel et démocratique pour préserver pleinement sa vitalité scientifique et humaine.

 

Le principe d’excellence* collective guide l’ambition de porter la recherche et l’enseignement au meilleur niveau international, entendu comme le plus haut degré de qualité, de maîtrise, de rigueur et d’originalité dans chaque discipline. Il requiert une organisation collective capable d’encourager l’inventivité, de faire émerger des approches novatrices et de mobiliser les moyens pérennes nécessaires pour les faire fructifier. L’excellence n’est pas un mécanisme d’exclusion, mais une disposition collective à tenir les exigences du métier, à l’opposé des vices intellectuels que sont la paresse, la vanité, le suivisme, le dogmatisme ou la bêtise. Pour reprendre la formule attribuée à Jean Vilar, le principe d’excellence, c’est l’élitaire pour toutes et tous.

[*] Ce principe s’oppose frontalement aux politiques publiques dites « d’excellence », fondées sur la concentration artificielle des ressources et le rationnement global des budgets. En réduisant les scientifiques à des porteurs de projets en quête d’investissement, ces logiques managériales ont favorisé une recherche prudente et confirmatoire, stérilisant l’écosystème universitaire et asséchant sa créativité.

 

Le principe d’exigence repose, quant à lui, sur le primat de la rigueur méthodologique, sur l’exhaustivité de l’analyse bibliographique et sur la qualité intrinsèque des savoirs produits, en rupture avec les logiques productivistes et quantitatives. L’évaluation qualitative d’un travail scientifique doit ainsi être dissociée du processus même de publication, afin de s’affranchir de la course aux indicateurs de performance, de la pression du nombre et de l’illusion du prestige des publications. Au cœur de cette démarche s’impose l’autorité des méthodes plutôt que celle de la personne. La validité d’une analyse scientifique ne saurait être accréditée de fait par le statut, le poste ou la renommée du chercheur. Soumise à l’examen critique des pairs et validée par l’usage raisonné des protocoles qui l’ont construite, cette éthique du travail savant érige l’Université en rempart indispensable contre la désinformation et la négation des données de la recherche.

Les principes d’exigence et d’excellence supposent un contrôle minutieux de la validité des résultats et la soumission systématique des travaux à la disputatio entre pairs. Le modèle actuel de l’édition scientifique, capté par des intérêts privés et source de coûts prohibitifs pour la recherche publique, nourrit une logique de prestige et une compétition délétère. Pour briser le dogme du « publish or perish » et l’opacité qu’il engendre, il est impératif de refonder les processus de validation scientifique. Cette refondation exige la mise en place d’une édition académique intégralement financée sur fonds publics, soutenue par le recrutement de professionnels dédiés sous le statut de la fonction publique. Ces experts auront pour mission d’assurer une diffusion ouverte et évolutive des savoirs, tout en coordonnant l’évaluation par les pairs selon les exigences épistémologiques propres à chaque discipline.

Il est, en outre, essentiel de diversifier les modalités d’évaluation pour apprécier la juste valeur d’une publication. Il s’agit de neutraliser les dérives de l’évaluation purement quantitative (telle que la bibliométrie de court terme) au profit d’une approche strictement qualitative, centrée sur le contenu réel, l’originalité et la solidité des travaux. C’est à cette seule condition que l’écosystème de la recherche pourra préserver l’horizon de fiabilité des sciences et garantir l’intégrité des échanges scientifiques.

 

Le principe d’exigence scientifique est indissociable d’une contributivité réelle et équitable, seule à même de refonder la reconnaissance académique. La valeur et le crédit accordés à un travail doivent dépendre exclusivement de l’engagement concret, identifiable et documenté de chaque individu dans sa production. Cette approche condamne sans appel la captation du travail d’autrui, les signatures d’autorité sans participation substantielle, ainsi que toute forme de domination hiérarchique. En redonnant à chaque membre du collectif sa juste place, elle garantit l’équité et la pleine responsabilité scientifique. Le principe de contributivité reconnaît que la recherche scientifique est par essence collective, aucune découverte significative n’étant possible sans la contribution décisive de la communauté des pairs. Il promeut la plus faible division du travail possible au sein des équipes et la transmission des gestes, des manières de faire, des styles, des mœurs et des standards d’exigence.

L’ensemble de ces valeurs s’incarne dans une collaboration désintéressée au service du bien commun. La recherche doit demeurer un espace d’humilité où l’on travaille avec les autres, et non contre eux. S’opposant frontalement à la mise en concurrence délétère des scientifiques et des institutions, le principe de contributivité exige de faire prévaloir la coopération sans discrimination et de protéger la diffusion universelle des savoirs contre toute tentative de privatisation.

 

Le principe de sobriété ancre la recherche dans la responsabilité environnementale et intergénérationnelle de préserver les conditions d’habitabilité du monde et les ressources matérielles indispensables aux sciences de demain. Il récuse l’illusion selon laquelle la qualité de l’activité académique se mesurerait à la seule sophistication technique ou au coût financier des moyens déployés. À l’opposé d’une fuite en avant technologique, la recherche doit reposer sur une adéquation raisonnée entre les équipements mobilisés et les objectifs poursuivis, instituant ainsi une norme du suffisant. Le recours à une infrastructure doit résulter d’une réflexion consciente, mettant systématiquement en balance l’intérêt scientifique d’un projet avec son empreinte écologique globale. Pour incarner cette démarche, l’institution valorise des techniques appropriées, l’ingéniosité, la réparabilité et la mutualisation de ses dispositifs.

Cette exigence s’applique avec la même force à l’organisation du travail. Le principe de sobriété suppose une réduction drastique des tâches et des procédures chronophages ou inutiles, que les dérives bureaucratiques multiplient à l’excès. Face à l’inflation des injonctions administratives, sanctuariser le temps de la pensée constitue aujourd’hui une urgence absolue.

En embrassant cette vision systémique — à la fois écologique et humaine —, la philosophie de la frugalité s’étend à l’ensemble des missions de l’établissement. Privilégiant les approches sobres au sein de la recherche, de l’enseignement et des services supports, l’Université s’engage à réinterroger sans cesse ses pratiques matérielles et administratives au regard des limites planétaires et des besoins véritables de la société.

Définir les missions de l'Université et de la recherche

Les missions de l’Université et de la recherche

ASUR lance une consultation ouverte pour identifier les missions qui doivent guider la refondation de l’Université et de la recherche. Le formulaire ci-dessous vous permet de proposer l’une de ces missions, accompagné d’une courte définition. Les propositions seront synthétisées et mises en ligne fin juin.

Exemple de mission:

Mission de coopération internationale

L’Université porte une vocation à l’universel par delà les frontières. En matière de coopération internationale, sa mission consiste à faire du savoir un trait d’union entre les peuples et un bien commun au service du développement global.

Face aux défis contemporains majeurs, qu’il s’agisse de la transition écologique ou des crises sanitaires, l’institution universitaire orchestre une mutualisation indispensable des intelligences et des infrastructures. Cette recherche au plus haut niveau organisée à l’échelle mondiale s’incarne d’abord par la mobilité. En facilitant la circulation des étudiants, des chercheurs et des enseignants, l’Université ne se contente pas de transmettre des compétences académiques ; elle forge des citoyennetés mondiales, brise les stéréotypes et cultive l’ouverture d’esprit.

Cette dynamique d’échange implique également un devoir de solidarité, particulièrement en direction des pays en développement. La coopération universitaire se traduit alors par un renforcement des capacités locales, via des co-diplomations ou la formation de formateurs, contribuant ainsi à structurer les écosystèmes d’enseignement supérieur tout en limitant la fuite des cerveaux.

Au-delà de ces dimensions purement académiques et humanistes, l’Université constitue un levier diplomatique de premier plan et un instrument essentiel de soft power.  Enfin, par son rôle dans la diplomatie scientifique, l’Université parvient à maintenir des canaux de dialogue ouverts et apaisés, même lorsque les relations politiques officielles se tendent. Par toutes ces actions, elle démontre que son ouverture sur le monde n’est pas une simple annexe à ses activités, mais la condition même de sa pérennité et de sa pertinence dans une société humaine toujours plus interconnectée.

Proposer l'une des missions de l'Université et de la recherche

Qui sommes-nous?

L’Agora Sciences Université Recherche (ASUR) est un laboratoire d’idées indépendant et pluraliste qui rassemble chercheurs, universitaires, étudiants et citoyens autour d’une conviction simple: le savoir est un bien commun, l’Université et la Recherche sont des piliers de la démocratie.

 

Nos actions

  • Mobiliser chercheuses et chercheurs autour de la réinstitution de l’Université et du système de recherche
  • Proposer une vision renouvelée de l’Université et des rapports entre sciences et société
  • Dialoguer avec les citoyennes et les citoyens
  • Diffuser nos idées le plus largement possible
  • Animer le débat et la délibération démocratiques

 

Une dynamique déjà engagée : le succès du colloque fondateur

L’ambition d’ASUR s’appuie sur une mobilisation concrète de la communauté scientifique. Les 16 et 17 juin 2025, un colloque fondateur s’est tenu sur le site historique des Cordeliers à Paris, réunissant plus de 80 participants (enseignants-chercheurs, doctorants et acteurs du monde académique).

Ce premier temps fort a permis d’amorcer, par une méthode de travail collective et horizontale, les chantiers prioritaires de la refondation : de la sanctuarisation de la liberté académique à la réorganisation nationale de l’enseignement supérieur sur une base polycentrique. Ce succès atteste d’une volonté profonde de la communauté de reprendre en main son destin institutionnel. C’est sur ce socle de réflexion partagée que repose aujourd’hui notre feuille de route.

Les travaux du colloque fondateur d’ASUR se sont structurés autour de trois axes thématiques visant à identifier les priorités de la refondation de l’Université et de la recherche

 

Axe 1 | Liberté académique et collégialité

Garantir et pérenniser la liberté académique face aux mutations institutionnelles.

  • Modération : Bruno Andreotti (Vice-président d’Alia, professeur de physique à l’Université Paris Cité)
  • Niki Kasumi Clements (Professeure de philosophie à la Rice University de Houston) : La liberté académique : analyse de la situation aux États-Unis.
  • Bruno Andreotti : Comment garantir juridiquement et institutionnellement la liberté académique ?
  • Romain Brette : Quel modèle de financement pour garantir l’indépendance de la recherche ?
  • Nicolas Rividi : Quelle politique de l’emploi et quels statuts protecteurs pour les personnels ?
  • Philippe Huneman : Vers un nouveau paradigme pour le système de publications académiques.

 

Axe 2 | Un nouveau contrat Sciences – Université – Recherche et société

Repenser les médiations permettant au monde académique de jouer son rôle politique et d’affronter les crises écologiques et démocratiques.

  • Modération : Aliènor Bertrand
  • François Graner : Quels objectifs scientifiques et quelles alliances stratégiques au sein de la société ?
  • Sébastien Dutreuil : Repenser le contrat entre sciences, politique et économie face à l’urgence des crises (démocratique, sociale, climatique et environnementale).
  • Aliènor Bertrand : Quelle École, quel système de formation universitaire et comment refonder la formation des enseignants ?

 

Axe 3 | Réinstituer l’Université et la recherche

Penser l’organisation concrète des établissements, l’aménagement du territoire et les relations à l’État.

  • Modération : Julien Gossa
  • Julien Gossa : État des lieux et prospective de l’ESR : démographie, financements et missions.
  • Dominique Glaymann : Quelle autonomie réelle des établissements et organismes vis-à-vis de l’État et des pouvoirs économiques ?
  • Pascal Maillard : Subsidiarité et gouvernance : repenser les structures de décision à l’échelle des établissements, laboratoires et UFR.
  • Jacques Haiech : Quelle organisation nationale de l’ESR et quelle politique d’aménagement du territoire ?
  • Christine Dillmann (au nom du groupe de travail de Paris-Saclay)* : Données ouvertes, sécurité numérique et souveraineté par les logiciels libres.
  • Caroline Gruson et Maxime Amblard : Refonder les politiques et les critères d’évaluation de la recherche.

*( Membres du groupe Paris-Saclay : François Boulogne, Christine Dillmann, Adrien Falce, Matthieu Falque, Marc Jachym, Arne Keller, Olivier Langella )

 

Les principes de l’Université et de la recherche

ASUR a lancé une consultation ouverte pour identifier les principes qui doivent guider la refondation de l’Université et de la recherche. 

 

Les missions de l’Université 

ASUR lance une consultation ouverte pour identifier les missions de l’Université. 

Contribuer à l'Agora Sciences Université Recherche

Une dynamique d’intelligence collective et intergénérationnelle

Pour mener à bien ce travail de réinstitution, ASUR s’appuie sur une méthode collaborative exigeante, rassemblant d’ores et déjà plus de 400 enseignants-chercheurs, doctorants et acteurs de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Si le projet s’appuie solidement sur vingt ans de travaux de prospective, d’observation critique des politiques passées et de travail savant sur l’histoire de l’Université, des sciences et des techniques, il se nourrit tout autant du regard de la relève.

Au sein de cette agora, la participation des jeunes générations de chercheurs fait l’objet d’une attention stratégique particulière. N’ayant pas subi l’usure de vingt-cinq années de réformes managériales, et riches de leurs expériences postdoctorales au sein de systèmes académiques étrangers, ces jeunes collègues disposent d’un recul critique précieux. Leur connaissance concrète des espaces de liberté à préserver et des dysfonctionnements internationaux à éviter est indispensable pour élaborer des propositions institutionnelles qui soient à la fois nouvelles, viables et pérennes.

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